Bossuet a composé sa première oraison funèbre à vingt-huit ans (1655). Il y en a eu dix, l'auteur a publié les six dernières, consacrées à de grands personnages, en 1689, à l'époque du plein épanouissement de sa personnalité. Ce genre a connu un immense développement (et n'est pas complètement mort). Il a ses règles: l'orchestration du deuil, expression de la douleur et déploration, en un temps où on aimait les émotions collectives. Puis l'éloge du défunt, cher à l'orateur comme à son public et la volonté d'instruire les fidèles dans l'art de bien mourir, enfin, des questions d'actualité, parfois brûlantes. Si Bossuet triomphe dans ce genre, ce n'est pas seulement par la magie du style, mais aussi parce qu'il a affaire à des personnages de premier plan, qu'il a bien connus, sa douleur est personnelle, il ne cache pas son émotion. La mort, selon Bossuet, démasque tous les vices: ce qui compte, c'est l'immortalité.
Auteur : Bossuet Jacques Bénigne
Editeur : GALLIMARD
Date de parution : 11/03/2004
Nombre de pages : 464
Dimensions : 18.0 x 11.0 x 2.2